lundi, mai 11, 2026

Si je t’écris… de Denis Bodart et Vincent Zabus

mai 11, 2026 Smith

Si je t’écris… de Denis Bodart et Vincent Zabus n’est pas une BD que l’on “lit” simplement  entre deux passages aux toilettes en scrollant son téléphone. C’est une BD que l’on respire. Une madeleine graphique aux odeurs de vacances d’enfance, de soleil sur les volets, de silences familiaux et de souvenirs qui reviennent flotter doucement comme de la poussière dans une maison fermée depuis trop longtemps.

 Et franchement… quelle douce claque . 

Louis, en vacances avec sa femme et ses enfants, redécouvre le coin de bord de mer d'un été d'enfance avec son père, son oncle et sa tante dans les années 70. Un endroit chargé de souvenirs complexes, rattachés à une étrange maison sur la falaise où, dit-on, vivait une sorcière parlant avec les morts... Louis va essayer de finir ce souvenir 
On sent immédiatement qu’il s’agit d’un ouvrage mûri longtemps. Huit années de gestation,  Huit ans. Certains enfants ont le temps d’apprendre à marcher, lire, râler et demander un smartphone avant qu’un album pareil voie le jour. Mais ça se ressent dans chaque page : rien n’est bâclé, rien ne sonne faux. Tout semble juste. Mature. Habité.

Le dessin crayonné de Denis Bodart possède une chaleur presque organique. Les personnages vivent, bougent, existent. Quelques traits… et tout est posé. 

Et les couleurs… mamma mia. La palette est parfaite. Chaleureuse, subtile, lumineuse quand il faut, mélancolique à d’autres moments. Chaque teinte semble avoir été choisie avec une précision d’orfèvre - elles ne servent pas juste à embellir les cases, elles transportent la mémoire elle-même. Certaines planches donnent presque l’impression de revoir ses propres souvenirs.

L’ensemble est incroyablement immersif. On ne tourne pas les pages pour savoir “ce qu’il va se passer”, mais pour continuer à habiter cet été suspendu, ces instants simples, ces émotions discrètes que beaucoup ont connues sans forcément parvenir à les exprimer. 

La BD respire littéralement la nostalgie sans jamais tomber dans le cliché dégoulinant. Chaque case semble contenir des souvenirs personnels. Et le plus fou, c’est qu’on finit presque par croire qu’ils sont aussi les nôtres.

Et tout cela grace au récit de Vincent Zabus , qui (le récit) reste d’une grande véracité, mais dans le bon sens du terme : une histoire humaine, sincère, jamais artificielle. Pas besoin de rebondissements tonitruants quand les émotions sont justes. Foutu scénariste, c'est un bon lui aussi.

On replonge dans ces étés interminables, ces vacances familiales où le temps semblait fonctionner différemment. Une époque sans smartphones, sans réseaux sociaux, où une journée entière pouvait tourner autour d’une balade, d’un repas ou d’un simple regard échangé.  

Clairement, c’est une œuvre qui parlera énormément aux lecteurs ayant déjà quelques kilomètres au compteur. Disons qu’en dessous de 30 ans, certaines émotions risquent de passer un peu au-dessus de la tête. Pas parce que les jeunes sont idiots mais parce qu’il faut avoir connu cette époque étrange où les vacances se vivaient sans GPS et sans smartphone et  risquent de passer à côté de cette douce mélancolie qui irrigue l’album.

Et puis il y a ces dessins généreux. Généreux dans le trait, dans les regards, dans les décors, dans les corps, dans la lumière. 

Une BD profondément vivante, immersive et sincère. Le genre d’album qui vous laisse silencieux quelques minutes après avoir tourné la dernière page. Comme lorsqu’on quitte un lieu qu’on aimait sans avoir envie de fermer la porte derrière soi.

mercredi, mai 06, 2026

Mortal Kombat 2 ... ben c'est pas mauvais en fait

mai 06, 2026 Smith

Je suis allé voir  en 4DX avec des amis et honnêtement… très bonne surprise.

On n’attendait pas grand-chose du film à la base. Le but, c’était surtout de passer une bonne soirée ciné entre potes devant un film un peu “n’importe quoi”… et au final, on a passé un excellent moment.

Le film déborde d’énergie, d’humour, de combats bien chorégraphiés et de références à l’univers des jeux vidéo Mortal Kombat. Clairement, ce n’est pas du grand cinéma d’auteur, mais ce n’est absolument pas ce qu’on lui demande. Le film assume totalement son côté fun et spectaculaire.

Aucun acteur ne démérite, et le côté Johnny Cage apporte franchement une touche ultra fun au film. Il amène beaucoup de charisme, d’humour et d’énergie. Franchement, nous, on en redemande. Kano n’est pas en reste non plus avec plusieurs petites répliques vraiment excellentes.

Si vous aimez l’univers Mortal Kombat ou simplement les films d’action qui savent divertir sans se prendre trop au sérieux, c’est clairement une bonne surprise. On est ressortis de la salle avec le sourire et bien plus emballés que prévu.

« It’s showtime! »


vendredi, avril 17, 2026

Blade Runner 2029

avril 17, 2026 Smith

En 2049, l’officier K, un blade runner chargé de traquer les réplicants illégaux, tombe sur un secret qui pourrait faire vaciller l’ordre du monde.
La puissante Wallace Corporation, qui fabrique les nouveaux réplicants, veut à tout prix mettre la main dessus.
Entre villes désertées, mystères enfouis et ambitions démesurées, K se retrouve lancé dans une enquête qui pourrait bien changer la définition même de l’humanité.

 
 
Trente ans après le premier Blade Runner, on reprend la pluie, les néons, les androïdes… et on les passe au lave-vaisselle. Voilà, en résumé, ce qu’on pourrait dire de Blade Runner 2049.

Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit : le film est magnifique. Roger Deakins à la caméra, c’est un poème visuel à chaque plan — on dirait presque que chaque pixel a été brossé à la main par un moine zen. Mais justement… où est passée la crasse ? Le Blade Runner de Ridley Scott (1982) puait la sueur, la pluie et la misère. On sentait les vapeurs d’essence et de nouilles instantanées, les foules serrées, les murs qui dégoulinaient.

Ici, en 2049, le monde a connu un blackout mondial, une famine, des effondrements — et pourtant, tout est nickel.
Les rues sont désertes, les lignes d’immeubles parfaitement symétriques, les orphelinats bien rangés. C’est presque suspect : on dirait que quelqu’un a passé un coup de Swiffer sur l’apocalypse.

Blade Runner original respirait le chaos maîtrisé : un Los Angeles grouillant, vivant, où l’humain et la machine se confondaient dans une pluie de néons et de vapeurs. On y sentait la décadence d’une civilisation en bout de course, chaque plan suintait le désespoir et la promiscuité. Dans 2049, tout semble... mort. Figé. Comme si la société avait soudainement pris un bain d’eau de javel. On dirait que Villeneuve a voulu poétiser la ruine, là où Scott montrait la survie dans la ruine

Et puis viennent ces statues géantes plantées au milieu du néant, comme si Las Vegas avait fusionné avec un rêve de pharaon mégalo. On se demande un peu ce qu’elles font là — à part nous rappeler que les effets spéciaux ont un budget, eux.

Côté scénario, même sentiment :

Là où le premier Blade Runner nous plongeait dans le doute existentiel (“Suis-je humain ?”), 2049 nous demande de contempler un robot qui cherche sa maman pendant trois heures et demie.
C’est beau, c’est lent, c’est profond — mais parfois si pâteux qu’on a envie de lui tendre une cuillère.

Et la Wallace Corporation… parlons-en !

Sortie de nulle part, rachetée “quelque part entre deux lignes d’intro”, elle remplace la mythique Tyrell Corporation sans jamais en retrouver la présence. Ni le charisme, ni le mystère, ni le sens du drame.
Tyrell était une figure divine, charismatique, un Prométhée moderne. lace, lui, débarque sans réelle genèse. On nous le balance en bloc : “il a racheté Tyrell, il a relancé les réplicants”. Mais pourquoi, comment, avec quelles conséquences sociales ? On n’en saura rien. Et c’est frustrant. Le monde semble avoir perdu sa densité politique. Wallace, ressemble plus à un PDG d’entreprise de lentilles de contact qui récite des haïkus au petit-déjeuner. 

Tout est devenu une allégorie métaphysique, là où le premier mélangeait philosophie et crasse du quotidien.

Alors oui, Villeneuve a de bonnes idées, c’est indéniable. La relation entre K et Joi est touchante, la question de l’âme persiste, et le film réussit par moments à capturer cette mélancolie propre à l’univers.
Mais l’ensemble donne l’impression d’un rêve aseptisé du premier film — comme si quelqu’un s’était souvenu de Blade Runner après un passage chez IKEA.

On sent que Villeneuve voulait installer plein de couches : la filiation, la mémoire, la foi, le libre arbitre, le corps artificiel, la reproduction… mais chaque thème est survolé, ou mis en scène dans de grandes contemplations silencieuses. C’est magnifique à regarder, mais ça étire tout. Le film manque de rythme intérieur, ce qu’avait pourtant le premier malgré sa lenteur.

En bref :

+ C’est sublime à regarder (chaque plan mériterait un fond d’écran).
C’est tellement propre que même la pluie semble stérilisée.
Wallace n’a pas l’ombre du mysticisme de Tyrell.
+/- Le scénario se regarde plus qu’il ne se vit.

Un film magnifique, oui.
Mais un Blade Runner ? Pas vraiment. Disons plutôt… “Blade Designer 2049”.



The Running Man : quand Stephen King nous rappelle que le futur est déjà bien pourriiiii

avril 17, 2026 Smith

Dans ce futur dystopique totalitaire et ultra-militarisé, la télé-réalité n’est plus un divertissement : c’est un vrai sport de combat, et le mensonge (soutenu par une armée de médias dopés à la propagande) règne en maître. Une énorme corporation contrôle absolument tout : infos manipulées, populations soumises, riches et pauvres confondus. Pendant que les élites regardent des remakes miteux des Kardashian, le peuple se nourrit de violence en direct… et nous aussi, d’ailleurs, pop-corn à la main. Oui, c’est aussi jouissif que cynique.
Et au milieu de ce chaos, on suit notre héros, obligé de survivre pour grappiller quelques deniers afin de sauver sa fille malade. Ambiance pos
ée.

Hier soir, on a regardé Running Man entre potes sur grand écran… et franchement, quel pied ! Ça bouge, ça explose, ça cogne, ça hurle, et malgré tout ce bordel assumé, on se surprend même à réfléchir entre deux gerbes de violence stylisée.

Running Man assume totalement son côté old school : couleurs flashy, rythme effréné, zéro filtre politiquement correct. Ici, ça court, ça tape, ça explose, ça se rebelle… et on adore ça. C’est brut, nerveux, jubilatoire.

Petit rappel : ce n’est PAS un remake de la version Schwarzy.
L’ancienne, réalisée par Starsky lui-même (Paul Michael Glaser), était une série B 80’s basique mais devenue culte avec le temps. On l’aime bien, mais elle n’a jamais fait rêver pour sa réalisation. Ici, on est bien plus proche du roman de Stephen King (Richard Bachman) : tension permanente, critique sociale lourde, manipulation médiatique crasse, militarisation de la société et mensonge généralisé. Bref : du King pur jus.

Le rythme ne baisse jamais, sauf peut-être sur la fin où on sent le “bon les gars, faut boucler, on n’a plus de pellicule”. Du coup, c’est un peu emballé trop vite… mais honnêtement, on s’en fout : le plaisir principal a déjà été englouti avec un sourire jusqu’aux oreilles.
Et évidemment, on a droit au petit clin d’œil à Arnold. Respect éternel.

Une course-poursuite qui vous emmènera bien loin… et qui ne vous lâche jamais.

En résumé : un vrai plaisir coupable, un film qui ne se prend pas la tête tout en te rappelant que le futur pourrait être aussi drôle que terrifiant. Si vous aimez l’action nerveuse, les couleurs qui piquent, le cynisme assumé et l’idée qu’on vit tous dans un mensonge géant… foncez.

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