Sur le papier, The Mandalorian et Grogu partait donc avec un avantage considérable : un univers déjà installé, des personnages appréciés, une identité visuelle connue et un public déjà conquis. En théorie, il suffisait de proposer une aventure plus ambitieuse, plus spectaculaire et surtout pensée pour le grand écran ... En théorie.
Après la chute de l’Empire, plusieurs chefs de guerre impériaux continuent de semer le chaos aux quatre coins de la galaxie. La Nouvelle République, encore fragile et visiblement déjà débordée par la paperasse intersidérale, fait alors appel à Din Djarin, le célèbre chasseur de primes mandalorien, accompagné de Grogu, son jeune apprenti vert aux grandes oreilles et à l’appétit rarement raisonnable. Tous deux se retrouvent entraînés dans une nouvelle mission destinée à éliminer les dernières menaces impériales.
Dans les faits, j’ai surtout eu l’impression que Disney a décidé de prendre la saison 4 de la série qui était tournée , ils ont compressé les épisodes et tadaaaaammm voilà un film façon « Avec suffisamment de colle, ça fera un film. » Et malheureusement, cela se voit.
Le premier problème vient des effets spéciaux. on voit que c'est du CGI à mort , j'ai même l'impression d'être dans un jeu vidéo; ok c'est en très haute résolution : c’est détaillé, propre et brillant, mais je vois les incrustations, les animations et les coutures numériques. Difficile, dans ces conditions, d’être réellement transporté.
Le principal problème reste toutefois le rythme. Le charme de la série venait de ses moments de calme, de contemplation et de solitude. The Mandalorian savait laisser respirer ses paysages et ses personnages. Ici, tout s’enchaîne trop rapidement : une mission commence, l’action éclate, le problème est résolu et l’aventure suivante démarre. On a l’impression de regarder plusieurs épisodes raccourcis puis collés les uns aux autres ... on perçois même les "pauses" entre épisodes.
Paradoxalement, la fin paraît beaucoup trop longue. La structure en épisodes devient alors évidente : chaque partie conserve son propre rythme et sa petite conclusion, mais l’ensemble ne forme jamais un film équilibré.
Autre problème : il paraît difficilement accessible sans avoir suivi la série. Les personnages, leurs relations et les enjeux reposent largement sur les épisodes précédents. On ne regarde donc pas vraiment un film autonome, mais un épisode géant réservé à ceux qui ont fait leurs devoirs sur Disney+.
Dès lors, pourquoi en faire un film ? Soit on poursuit la série, soit on propose une véritable aventure cinématographique. Transformer la série en film avant de peut-être revenir à la série, puis à un autre film, ressemble à une organisation décidée par un droïde dont la batterie était presque vide.
Les personnages restent heureusement sympathiques. Le Mandalorien conserve une certaine présence, mais il a perdu une partie de son mystère. Pedro Pascal (10min dans tous le film) avait beaucoup contribué au prestige du rôle. Pourtant, lorsqu’on sait qu’il prête surtout sa voix et ponctuellement son visage au personnage, tandis que d’autres acteurs travaillent sous l’armure, quelque chose se brise. Le marketing vend Pedro Pascal, mais le casque fait les heures supplémentaires.
Sigourney Weaver apporte théoriquement du prestige mais en pratique, son personnage est étonnamment oubliable (elle distribue les missions) et n'est là que pour réchauffer une soupe en boîte.
Il y a enfin cette sorte de singe bleu qui accompagne les personnages sans véritable utilité. Il est là, il bouge et attend probablement sa transformation en peluche vendue à la sortie du cinéma. Narrativement, il ne sert pratiquement à rien mais il est bleu - et comme j'aime bien le bleu. Il faut croire que cela suffit désormais comme compétence dans une galaxie lointaine, très lointaine.
Au final, le film n’est pas totalement désagréable. Il reste de l’action (trop), des personnages attachants et le plaisir de retrouver cet univers mais sans plus . Mais l’ensemble demeure nettement inférieur à la série.
Conclusion ?
C’est sympathique, mais artificiel. C’est rythmé, mais rarement passionnant; terriblement oubliable.
Le Mandalorien méritait mieux qu’un marathon Disney+ projeté sur écran géant.
Next!
